lucileribeaudeau

Fiction sonore poétique
Podcast 2024-2026
Paula - Une langue enfouie est une fiction sonore en six épisodes.
Cette création poétique en français et vietnamien, au sujet de l'héritage transgénérationnelle, a été enregistrée en 2024, avec huit comédiennes et comédiens. Il s'agit du deuxième opus consacré à Paula.
Le premier épisode Prologue est sorti le 29 juin 2025.
Il est audible sur Spotify
Rama Grinberg La narratrice
Adèle Javot La voix
Laëtitia Pelé Paula
Margaux Lapersonne Kiara, petite-fille de Paula
Lucie Simoneau Thi Hai, mère de Paula
Baratunde Ba Muhoya Ali L’homme aux yeux noirs
Augustin Rose Un homme, un cavalier
Shai Grinberg Un autre homme, un cavalier
Lucile Ribeaudeau Écriture et réalisation
Nathan Goutet Réalisation
Grégoire Terrier Composition musicale
Trần Ngọc Ánh, Lucie Simoneau Traduction français-vietnamien
Jules Simoneau Direction d'actrice en vietnamien et aide traduction
Résumé
Paula - Une langue enfouie est fiction poétique en six épisodes. Elle traite de l'impact de la colonisation française au Vietnam sur le lien de filiation entre une mère et sa fille. De corps en corps, de génération en génération, la forme poétique plonge dans l'indicible et l'insaisissable du trauma transgénérationnel.
Une voix flottante à la langue inconnue s’échappe des vertèbres d’une immense colonne vertébrale humaine échouée sur un rivage du Vietnam à l’endroit où une faille ouvre la terre. Elle s’empare du premier corps qui l’approche pour raconter une histoire enfouie : le vécu de Paula née d’une vietnamienne et d’un militaire français.
Synopsis
Une voix flottante à la langue inconnue s’échappe des vertèbres d’une immense colonne vertébrale humaine échouée sur un rivage entre le Vietnam et la France, à l’endroit où une faille fend la terre.
Elle s’empare du premier corps qui l’approche, pour raconter l’histoire enfouie de Paula, une jeune enfant dite "métisse" au Vietnam pendant la colonisation française. Elle raconte le vécu spécifique, et pourtant répandu, d'une enfant née d’une femme vietnamienne et d’un homme militaire français. D'abord élevée par sa mère, cette dernière la dépose à l'orphelinat français d'Hanoï alors qu'elle a sept ans. Elle y grandi jusqu'à ses 14 ans, avant de prendre un bateau pour la France.
C’est l’histoire d’un exil qui a commencé bien avant un départ, et a exigé d’y laisser une part de sa peau. C’est l’histoire d’une dépossession et d’une métamorphose.
Quelles formes cette voix invente-t-elle pour se faire entendre et réveiller les chairs du passé ? Dans quelles surfaces vient-elle se loger ? C’est donc le portrait de Paula à travers plusieurs voix, et surtout à travers deux autres femmes : sa petite-fille Kiara et sa mère Thi Hai. Quels savoirs enfouis se révèlent en renouant les liens transgénérationnels ?
Cet objet sonore contient les derniers indices d'un vécu impossible à documenter car il n'en reste, à l'échelle humaine, que des sensations, des émotions et des gestes dans les générations d'après. Ce pourrait donc être un documentaire comme l'affirmation de preuves qui n'en sont pas. "Feelings are facts" écrivait Yvonne Rainer.
Le traitement se rapproche d'un chant polyphonique, sans chant, et à échos multiples. Les temporalités déteignent les unes sur les autres. Le passé s'immisce dans le présent, mais le présent revisite et continue d'écrire le passé. Paula - Une langue enfouie pourrait être la boite noire de cette colonne vertébrale transgénérationnelle.
Progressivement, parfois brutalement, les voix emplissent l’espace de leurs vulnérabilités et de leurs puissances. Ces souffles se dégagent de l’infiniment trop grand et s’envolent vers nous. Des voix qui chuchotent ou qui crient, des respirations, envahissent l’espace sonore, et s’entrechoquent avec les vagues et le bourdonnement du soleil au zénith. Alors la poésie fait archive. Et petit à petit, le sensible, l’humain, à sa toute petite échelle, impose sa cadence.
" Je veux un homme qui me tue, et me ranime ! Et dans les alchimies, de la pourriture à la renaissance, dans les meurtres successifs fait par les autres et à soi-même, me rende une autre âme ! Petite mort qui ne soit pas qu’un effet… La mort c’est ne pas pouvoir revenir en arrière. Ça je sais faire… Ça je sais faire, j’ai traversé une mer ! Puis j’ai fait l’amour avec cet homme aux yeux habités par une âme brûlante et vacillante. Je l’ai possédé et désiré si fort qu’il a senti mes pensées l’accompagner dans les nuits les plus sombres. Je voulais un homme qui me tue et me ranime. Tu comprends ? Maintenant, mon corps ne me lâche plus. Et jusque dans les rages, quand j’explose, il s’accroche. Il n’a pas les yeux de ma mère. Toute son âme, bleue, limpide est liquide et bouillonnante. Mais ses yeux, ses yeux sont trop lumineux pour les miens, ils habitent un secret transparent qui me repousse loin de lui… Ils deviennent plus fous que fous... Je ferai du vide une structure, j’enfanterai de celui qui m’allège."